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Les rugbymen toulousains passent à table
Les rugbymen toulousains passent à table
Le chemin est court à Toulouse des terrains de rugby aux fourneaux.
La gastronomie et l'ovalie ont toujours fait bon ménage et la restauration offre un débouché naturel aux joueurs, en particulier dans la capitale du rugby français.
Xavier Garbajosa, Clément Poitrenaud, Frédéric Michalak, Trevor Brennan, Jean-Marie Cadieu, Fabien Pelous...on pourrait presque faire une équipe avec les joueurs, anciens ou toujours en activité, qui dirigent un restaurant dans la Ville Rose, même si tous ne passent pas leur journée derrière les fourneaux.
"Les temps ont changé. Autrefois, dans le Sud-Ouest, les anciens ouvraient des bars. Aujourd'hui, ils ouvrent plutôt des restaurants. Les lois sur l'alcool ont plombé les bars", explique à Reuters Jean-Marie Cadieu, ancien deuxième ligne du Stade Toulousain aujourd'hui à la tête d'un restaurant haut de gamme dans la Ville Rose, Los Piquillos.
"Mais il n'y a pas de secret dans la restauration. Pour réussir, comme dans le rugby pro, il faut apprendre le métier puis s'y consacrer à 100%", ajoute t-il.
"Les clients se font avoir deux ou trois fois, rarement plus, par les rigolos qui se contentent de mettre leur nom sur une enseigne et qui ne sont jamais là. Sur le terrain, il ne faut jamais lâcher des yeux la mêlée et le ballon. Dans la restauration, ce sont les fourneaux et les clients qui constituent les fondamentaux. Sinon, c'est le grand bouillon. Ca s'est déjà vu."
Sans doute par amitié, respect et courtoisie, Jean-Marie Cadieu évite de citer le nom de Jean-Pierre Rives qui, à deux reprises, a voulu lui aussi se lancer dans la restauration à Toulouse, avec à chaque fois un échec retentissant.
Pour Guy Pressenda, président en Midi-Pyrénées de l'Union des métiers de l'industrie hôtelière (UMIH), la ruée sur les restaurants des joueurs de rugby est une bonne nouvelle.
LA GÉNÉROSITÉ DANS L'ASSIETTE
"L'arrivée récente de rugbymen à la tête de restaurants toulousains est une excellente chose pour la profession", dit-il.
"Le rugby, surtout professionnel, c'est la joie de vivre, la générosité, donc dans les assiettes aussi, et la précision dans les combinaisons, donc dans les recettes. Tout ce qu'il faut pour monter un bon restaurant. Pourquoi les rejeter, alors ? Sachant en plus qu'ils nous servent de locomotives pour la clientèle rugby, qui est reine à Toulouse.
"Croyez-moi, dans le métier, on repère très vite ceux qui vont réussir, rugbymen ou pas", ajoute-il. "Les bons, ceux qui en veulent, nous sommes les premiers à les aider. La solidarité existe encore dans le métier, comme sur le terrain".
Le talonneur William Servat vient lui aussi de se lancer dans la restauration, sur la place Saint Cyprien, au coeur de Toulouse.
Prudent, il s'est associé avec son ancien compagnon de mêlée Trevor Brennan. Cet Irlandais est tombé amoureux de Toulouse, où il joua six saisons, au point de s'y ancrer définitivement et d'y ouvrir l'un des pubs les plus courus de la ville, le De Danu, devenu depuis un spot gourmand.
"Mais attention", prévient Trevor Brennan. "Il faut faire les choses bien. C'est mieux d'être derrière le comptoir. Les clients viennent aussi pour voir des joueurs".
UNE AFFAIRE DE VALEURS
Après avoir quitté son Stade fétiche la saison dernière, Fabien Pelous a lui aussi répondu aux sirènes de le restauration. Associé à Xavier Garbajosa, il ouvrira dans les prochaines semaines un restaurant à une trentaine de kilomètres au sud-est de Toulouse.
Ceux qui galopent encore pour le compte de l'équipe phare toulousaine sont à leur tour montés dans le train en marche de la restauration ovale. C'est le cas de Frédéric Michalak qui a ouvert au printemps dernier une enseigne basque en centre ville.
"Il s'agit pour moi d'un projet mûrement réfléchi", précise le demi toulousain. "J'avais envie de me faire plaisir en ouvrant un restaurant à l'esprit cool et festif".
Dernier venu dans le métier, Clément Poitrenaud vient lui aussi d'ouvrir un restaurant, La Pergola, dans la banlieue toulousaine.
"C'est important de penser à la suite. C'est un peu comme une assurance retraite", explique l'arrière toulousain.
Mais pour lui comme pour les autres, cette forme de reconversion est surtout affaire de valeurs.
"S'il y a quelque chose d'indissociable au rugby, c'est la table, la convivialité, le partage", conclut-il.
Source: Le point par Nicolas Fichot



